Mieux vaut prévenir - Maude St-Clair
Maude St-Clair

Étant issue du monde de l'esthétique, j'ai choisi de prendre une pause. Toutefois, puisqu'il fallait que je me sente vivre à nouveau, j'ai décidé de créer ce blogue pour vous faire découvrir d'autres univers qui m'ont toujours passionnés.

Mieux vaut prévenir

Mieux vaut prévenir - Maude St-Clair

C’était la première fois que je retournais à la piscine. L’hiver était passé et j’avais la peau particulièrement blanche. En me mettant en maillot de bain, je montais sur la balance pour connaître mon poids. Il y avait du surplus, comme d’habitude. Le miroir qui était en face de moi ne reflétait, hélas, que la simple vérité qui nous est toujours difficile d’admettre. En m’approchant d’un peu plus près, je remarquais plusieurs taches brunes sur la peau au niveau de mes épaules et de ma gorge. Je ne sais depuis quand elles étaient là. Tout ce que je devais comprendre maintenant, c’est que j’allais les garder jusqu’à la fin de mes jours.

Je choisissais un emplacement à la piscine un peu éloigné de la vue des autres. C’est toujours ainsi. Il y a comme une sorte de petite gêne à chaque nouveau retour. Au bout de quelques minutes, je faisais quelques brasses et c’était joué, je pouvais enfin me sentir beaucoup plus à l’aise. Je déplaçais ma chaise longue un peu plus au soleil et piquais un petit roupillon. À 13 heures, j’allais m’acheter un petit sandwich pour le manger dans la salle de la cafétéria. C’est la meilleure façon de renouer le dialogue avec ceux que l’on connaît ou de faire de nouvelle connaissance. Je discutais avec un couple. Ils venaient pour la première fois à la piscine. Ils n’avaient plus assez d’argent pour aller en vacances. Comme en plus, ils n’avaient pas de voiture, c’était la seule alternative qu’ils avaient trouvée pour passer un peu de bon temps.

Quelques minutes plus tard, le couple venait s’asseoir près de moi. Commença plusieurs discussions à propos de tout et de rien comme pour tromper un ennui ou écarter le silence. La jeune femme m’apprenait qu’elle avait fait une année d’études de dermatologie avant d’arrêter. C’était un couple qui cherchait à tout prix à avoir un enfant, pour cela, le médecin préconisait un repos total pour la jeune femme qui avait certainement dû subir plusieurs fausses-couches. Lorsque son mari s’éloigna pour nous ramener quelques boissons fraîches, elle me susurra à l’oreille que je devais faire particulièrement attention à quelques taches brunes que j’avais dans le dos. Elle me donna le nom d’un dermatologue qu’elle connaissait à Montréal, et insista sur le fait que j’aille le voir au plus vite. C’est ainsi que j’évitais quelques problèmes venant du grand crabe. Mes petits bourrelets devenaient d’un seul coup, beaucoup moins problématiques. C’est ainsi.