Un mal pour un bien - Maude St-Clair
Maude St-Clair

Étant issue du monde de l'esthétique, j'ai choisi de prendre une pause. Toutefois, puisqu'il fallait que je me sente vivre à nouveau, j'ai décidé de créer ce blogue pour vous faire découvrir d'autres univers qui m'ont toujours passionnés.

Un mal pour un bien

Un mal pour un bien - Maude St-Clair

Lorsque j’ai connu Christian, c’était un homme doux, gentil, responsable et respectueux des autres. C’était quelqu’un de bien, qui se souciait de ce que je pensais, et qui ne faisait jamais rien pour me décevoir. À cette époque, il occupait un poste d’assistant dans une entreprise de construction depuis presqu’un an. À l’époque, nous voulions fonder une famille et voyager. Bref, notre vie à deux était tout à fait celle dont nous rêvions, jusqu’au jour où il a obtenu une promotion. À cette période, il est devenu négociateur au sein de cette entreprise, et c’est durant ce temps qu’il a également commencé à boire. Lorsqu’il dînait avec des collègues, ou encore, qu’il visitait des chantiers avec des clients, il buvait pour se mettre en confiance. Il rentrait ivre presque tous les soirs, et commençait à cacher des bouteilles dans sa poche. Dans les fêtes et les réceptions, si tout le monde buvait du champagne, lui carburait au Whisky. Lorsque je demandais des explications, il me disait qu’il était obligé de trinquer avec ses clients et ses collègues, à cause d’un marché qu’il devait obtenir, et qu’il a d’ailleurs obtenu. La situation ne pouvait plus durer, je devais faire quelque chose. Le problème, c’est que je ne savais pas quoi. Pour provoquer le dialogue, j’ai décidé de faire une rhinoplastie, je savais que ça l’énerverait, car il a toujours détesté la médecine esthétique. Ça n’a pas eu l’effet escompté, il n’a même pas remarqué ma nouvelle tête. Il continuait à rentrer très tard, il arrivait même qu’il ne rentre pas, et je voyais alors qu’il n’avait plus de limites. De mon côté, je n’arrivais plus à me projeter dans le futur avec lui. Notre couple était en plein déclin, quand un samedi matin, il s’est réveillé en régurgitant du sang. Immédiatement, nous nous sommes dirigés aux urgences. Le médecin nous a expliqué qu’il avait des lésions à l’estomac. Ce dernier nous a aussi dit, c’était un cas à prendre au sérieux. Il a expliqué que si Christian prenait une goutte d’alcool supplémentaire, on devrait l’opérer. Depuis, il a commencé à changer d’attitude et il refusait même quand ses collègues ou ses clients lui proposaient de sortir le soir. Il ne buvait même plus de bière. Bon, ça me rendait un peu triste de le voir confiné à la maison tous les soirs, mais je me disais que c’était un mal pour un bien. S’il avait continué ses habitudes, non seulement notre couple n’aurait pas tenu, mais c’est six pieds sous terre qu’on le retrouverait aujourd’hui.